Covid : le frigo connecté s'impose

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E-restauration, 100% sans contact, la dématérialisation de la restauration collective en entreprise s'intensifie avec la crise sanitaire. Exemple avec le frigo connecté, en pleine expansion.

La restauration collective en entreprise rendue impossible avec la pandémie, les salariés se sont rabattus sur le déjeuner en solitaire dans la voiture, la livraison sur place et bien sûr le DIY (« do it yourself ») en cas de télétravail. Des entrepreneurs ont imaginé de nouvelles solutions de restauration, même sur le pouce sur le lieu de travail, parmi lesquelles le frigo connecté. À l'heure où les gestes barrière régissent nos vies, où les déjeuners en entreprise n'existent quasiment plus, la food tech a une carte à jouer. Le frigo connecté a permis à de nombreuses structures de pouvoir proposer des plats sur le pouce aux salariés, des plats pratiques que l'on peut régler avec sa carte bancaire notamment.

Selecta et Class' Croute se positionnent 

Class' Croute s'est déjà positionné avec des frigos à dominante snacking mis à disposition 7/7 jours et 24/24h en entreprise pour permettre aux salariés de se restaurer à toute heure, entre distributeurs de snacks et entrée-plat-dessert. Selecta, incontournable dans l'offre de vending avec ses distributeurs automatiques, a poussé le concept plus loin avec ses Foodie’s MicroMarkets, petits supermarchés de produits frais en libre service internes à l'entreprise avec une offre snacking où les achats se font en totale autonomie. Le frigo connecté devient un point de vente fondé sur le « grab & go », véritable espace de restauration à emporter, comme l’explique Food&Coffee Markets : « Il s’agit d’un réfrigérateur intelligent (vitrine simple ou double) qui proposera une offre de snacking et boissons saines et fraîches. Dans ce cas, les produits ne sont pas en libre-service mais accessibles simplement en déverrouillant la porte des frigos connectés via son compte Foodies. La vitrine intelligente reconnaît les produits prélevés sur les étagères et constitue un panier qui s’affiche sur un écran digital. Lorsque le consommateur referme la porte de la vitrine la transaction est validée. » Ce type d'offre renforce l'idée que l'expérience alimentaire en entreprise restera encore longtemps 100% sans contact et autonome.

L'offre vending vers plus de responsabilité ?

Le vending est depuis longtemps accolé à la pause au bureau avec le café. Le distributeur en entreprise n'a jamais été vraiment synonyme de produits frais. Offre snacking salée, très sucrée, parfois peu renouvelée, remplie d'emballages. Le frigo connecté pourrait-il changer la donne et ouvrir la voie vers une offre pause déjeuner et snacking plus durable ? Exit le sandwich triangle. Certains veulent renverser la donne en adaptant leur offre aux exigences d'aujourd'hui. Melchior propose ses frigos connectés où l’on retrouve des produits frais, sourcés, raisonnés et des recettes élaborées. Soit la réconciliation entre vending avec une alimentation équilibrée.
Peu ou pas de packaging, seulement des bocaux récupérés et reconditionnés dans un ESAT nantais. Les recettes sont élaborées avec des produits de saison et renouvelées chaque semaine. Foodie’s, incontournable sur le secteur et qui a levé 9 millions d'euros en 2019, pose aussi la question de contenants réutilisables et consignes pour ses produits. Ce positionnement chez divers entrepreneurs a été renforcé par la crise qui a accéléré le besoin de plus de transparence, d'hygiène et d'éco-responsabilité. 
I-Lunch, la cantine connectée en entreprise a réussi également à imposer son offre avec des frigos connectés, des restaurants « de 1 mètre carré » tout en proposant des recettes adaptées également aux régimes alimentaires spécifiques, élaborées par des chefs et des nutritionnistes. I-Lunch affirme également son positionnement zéro déchet en s'associant avec Too Good To Go contre le gaspillage alimentaire. 

Même si évaluer le succès des frigos connectés reste complexe en cœur de crise, la proposition s’amplifie depuis 2020. L'investissement pour ces alternatives se compte en milliers d'euros pour les entreprises. Mais ce chantier reste un véritable laboratoire pour les start-up et entrepreneurs qui cherchent à se faire une place en entreprises tout en mutualisant les préoccupations liées à notre époque : préserver les gestes barrière, « manger bien et bon », même pour une simple pause déjeuner, limiter le gaspillage au maximum et peut-être en bonus, retrouver un semblant de convivialité sur le lieu de travail à l'heure du déjeuner. Reste à savoir si le modèle arrivera à persuader sur le long terme.

HB

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