Agriculture française : régénération impérative

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Il y a en France métropolitaine environ 100 000 exploitations agricoles de moins qu’il y a dix ans et 1 exploitant sur 4 est un sexagénaire… Le recensement décennal de l’agriculture française, rend

Tous les dix ans, le service de la statistique et de la prospective et les services statistiques régionaux du ministère de l'Agriculture et de l'Alimentation réalisent le recensement de toutes les exploitations agricoles françaises, qui permet de dresser le portrait de l’agriculture française. En même temps que tous les autres pays de l’Union européenne, afin d’obtenir des données comparables. Ces chiffres, provisoires, deviendront des données définitives au mois d’avril 2022 et la publication des données de l’ensemble des pays européens prévue fin 2022. « Avec ces premiers résultats, nous détenons une photographie précise de la ferme France. Dix ans après le dernier recensement, cette nouvelle édition pose un constat qui anime la politique menée par ce gouvernement : la reconquête de notre souveraineté alimentaire est un impératif », a déclaré Julien Denormandie, ministre de l'Agriculture et de l'Alimentation, à l’occasion de la présentation des résultats de ce recensement réalisé entre le 1er octobre 2020 et le 15 mai 2021, par 1 500 enquêteurs.

« Ces chiffres montrent un vieillissement certain de la population agricole et le besoin d’engager une politique volontariste encourageant le renouvellement des générations en agriculture. » Effectivement, on apprend dans la data qu'un exploitant agricole sur quatre est âgé de plus de 60 ans. La proportion de jeunes exploitants de moins de 40 ans reste stable (20 %) avec en 2020, 100 500 agriculteurs de cette tranche. Mais aujourd’hui, 58 % des chefs d’exploitations et co-exploitants ont 50 ans ou plus, un chiffre en augmentation de 6 points depuis 2010.
« Recruter les nouvelles générations d’agriculteurs est plus que jamais un impératif, écrit Julien Denormandie en préambule du rapport. C’est tout le sens de l’action que nous portons pour soutenir l’installation des jeunes agriculteurs. Il y a également tout le travail essentiel mené sur la rémunération depuis 2017, avec les lois Egalim, pour que chaque agriculteur puisse vivre dignement de son travail. C’est absolument essentiel pour attirer de nouveaux talents vers nos secteurs. Et nous allons continuer à agir dans ce sens. »

© Annie Sprat

Moins d’exploitations sur la même surface utile

On compte désormais 389 000 exploitations agricoles en France métropolitaine, soit environ 100 000 de moins qu’il y a dix ans. La surface agricole utile, elle, se stabilise à 26,7 millions d’hectares, soit près de 50% du territoire métropolitain (55 millions d’hectares). Moins nombreuses, mais évoluant sur une surface constante, les exploitations, qui occupent 759 000 personnes de façon permanente, s’agrandissent : en 2020, elles font en moyenne 69 hectares (ha), soit 14 ha de plus qu’en 2010 (+25 %) et 27 ha de plus qu’en 2000. À titre indicatif, cette surface est de 81 ha en moyenne au Royaume-Uni ou 79 ha au Danemark, de 332 ha au Canada3 et 178 aux États-Unis. Outre-mer (Mayotte compris, une des nouveautés du recensement), on répertorie 26 600 exploitations, de 5 hectares en moyenne, et 27 000 chefs d’exploitation, dont 31% de femmes. En France métropolitaine, la proportion d’exploitantes, 26,7%, a légèrement baissé par ailleurs, de 0,5%. 130 068 femmes sont cheffes d’exploitation, co-exploitantes et associées en 2020.

L’enjeu : renouveler les générations

Parmi les autres chiffres clés dont regorge le rapport, quelques lueurs. Ainsi, la part des exploitations en agriculture biologique qui ont bondi de 8,4 points en dix ans, passant de 3,7 % à 12,1 %. Ou la part des exploitations vendant en circuit court, qui évolue de 17,5 % à 23,1 %. En 2020, 52 % des exploitations sont spécialisées en production végétale contre 45 % en 2010. Le nombre d’exploitations spécialisées en production végétale diminue moins fortement que le nombre total d’exploitations (-9 % au lieu de – 21 %), malgré un recul en viticulture et en arboriculture fruitière. Quant aux exploitations maraîchères ainsi que certaines exploitations de grandes cultures, leur effectif, au contraire, s’est accru en 10 ans. Le niveau de diplôme des chefs d’exploitation et co-exploitants a continué de s’accroître : 55 % d’entre eux ont un diplôme au moins égal au baccalauréat (soit + 17 points depuis 2010). Le nombre de diplômés du supérieur a augmenté également : 27 % en 2020 après 17 % en 2010 (soit + 10 points).
Tableau encourageant également au sujet de l’enseignement, qui concerne plus de 200 000 élèves. L’année scolaire 2021/2022 a révélé une hausse historique de 22% du nombre d’apprentis (de 37 425 en 2019 à 45 717 en 2020) ; une hausse des effectifs élèves à la rentrée 2021 (de 154 404 en octobre 2020 à 155 620 en octobre 2021) ; et un taux de réussite de 90,7% lors de la session d’examens de juin 2021.

AV

CHIFFRES CLÉS

26,7 MILLIONS D’HECTARES CULTIVÉS
soit près de 50% du territoire métropolitain
(55 millions d’hectares)
389 000 EXPLOITATIONS AGRICOLES
69 HECTARES en moyenne par exploitation
759 000 PERSONNES OCCUPENT UN EMPLOI PERMANENT dans les exploitations
agricoles
1 EXPLOITATION SUR 4 est dirigée par une femme
PLUS D’1/4 DES EXPLOITANTS AGRICOLES ont 60 ans ou plus
PLUS DE LA MOITIÉ DES EXPLOITANTS AGRICOLES ont un diplôme au moins égal au
baccalauréat

Chiffres France métropolitaine, source : Agreste

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