La semaine du dépassement

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Ce jeudi marque, pour la France, le jour du dépassement, et depuis le lundi 2 mai, le pays – 5e importateur mondial – ne consomme plus de poissons frais provenant de sa propre production. 

Malgré son statut de puissance maritime, la part de la pêche ne permet pas à la France de subvenir aux besoins de l’ensemble de la population. Comment en arrive-t-on à une des « dates de dépassement  » les plus précoces de l’histoire récente ? Notamment à force de manger trop de poissons et trop souvent les mêmes (saumon, thon, cabillaud, crevette, en tête de liste), importés en grande et grosse majorité, la consommation française de poissons non importés ne représentant qu’un tiers du marché.

Une réalité évoquée au cours d’une des tables rondes organisées au Touquet-Paris-Plage, dans le cadre du premier festival Omnivore Nord (un événement Sirha Food, ndlr), consacrée à la pêche dans les Hauts-de-France. Riche échange durant lequel le pêcheur Christophe Machuelle, reconnaissable à son tee-shirt Authentic Seaman, le chef-poissonnier Jurassien de naissance, et Lillois d’adoption, Nicolas Pourcheresse, et Anthony Viera, du Comité des pêches de la région. Talk au sortir duquel on a retenu que le nœud du problème était bureaucratique, européen, contraignant et, en fin de compte, néfaste pour le maintien à flot de la ressource naturelle et humaine de la filière.

En écho au lendemain du « jour de la dépendance » au poisson, la filière pêche encaissait une autre déception. Mardi 3 mai, le Parlement européen ratait l’occasion d’interdire la pêche au chalut, qui consiste à ravager les fonds marins avec des engins tractés. À 319 voix contre 280, les eurodéputés ont voté un amendement pour « interdire le recours aux techniques néfastes », mais seulement dans 1% des eaux européennes « strictement protégées ». Le président de la commission environnement du Parlement européen, Pascal Canfin (La République en marche), avait pourtant dit travailler « à trouver une majorité la semaine prochaine sur la base d’un nouvel amendement qui intègre bien toutes les aires marines protégées », soit près de 10 % des eaux européennes.

 

 


Cette année, le « jour du dépassement », un concept écologiste développé par le Global Footprint Network, intervient ce jeudi 5 mai, pour marquer entre autres l’épuisement des ressources naturelles. À cette date, « notre pays a émis plus de gaz à effet de serre, pêché plus de poissons, abattu plus d’arbres, cultivé et bétonné plus de terres que ce que les écosystèmes sont capables de lui fournir ou d’absorber », selon Isabelle Autissier, présidente du WWF. Leur proposition : une planification écologique, dont la mise en œuvre des propositions ferait reculer le jour du dépassement en 2027 au 30 mai. 
À suivre.

Audrey Vacher
© megane-delhaie-unsplash

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