Les vins et spiritueux accablés à l'export

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Les taxes punitives américaines et la crise sanitaire ont significativement atteint la filière du vin : les exportations ont chuté de près de 14% en 2020.

Une note de conjoncture élaborée par le service de la statistique et de la prospective du ministère de l’Agriculture et de l’Alimentation publiée le 12 février fait état d’un excédent commercial qui atteint 6,3 milliards d’euros, en baisse de 1,4 milliard d’euros par rapport à 2019, soit une évolution négative de 18%. Cette dégradation est la conséquence d’un net recul des exportations (-2,3 milliards d’euros), particulièrement marqué dans le domaine des vins et spiritueux (-0,9 milliard d’euros).

LE LEST DES TAXES PUNITIVES

Partout dans le monde, en simultané, la fermeture des cafés, clubs, hôtels, restaurants a fait chuter les exportations de cognac (-21%), d’armagnac (-39%), ou même de champagne (-20%) en 2020. Le véritable choc est venu des États-Unis, premier marché pour les vins français. La chute des exportations vers ce pays a constitué à elle seule 55% de la baisse des exportations françaises de vins tranquilles, estime la FEVS.
Les exportations de spiritueux enregistrent un plongeon de 19,4% en valeur. Les ventes de vins français à l'étranger ont pour leur part baissé de 11,3% sur le plan mondial et de 18% aux États-Unis, essentiellement en raison de la taxe punitive de 25% appliquée depuis octobre 2019 par Washington sur les bouteilles de vins tranquilles de moins de 14°, encore aggravée le 12 janvier dernier car étendue aux spiritueux et aux vins tranquilles en vrac.
Une extension qui, selon les calculs de la FEVS, feront chuter les exportations vers les États-Unis d'un milliard d'euros par an. La Fédération, ainsi que l’UMVin (négociants), l’AGPV (viticulteurs) et le Cniv (interprofessions), était reçus en visioconférence par le Premier ministre Jean Castex lundi 15 février, afin de trouver une issue notamment pour sortir les exportateurs de cette spirale descendante. Sans grande surprise, le Premier Ministre a annoncé que le gouvernement restait mobilisé face aux difficultés rencontrées par la filière viticole en raison des sanctions américaines, problème qu’il veut régler « de manière définitive ». Jean Castex a insisté sur la nécessité de trouver un engagement plus fort de la Commission européenne sur un mécanisme de compensation. Au niveau français, il a affirmé être prêt à des avancées budgétaires. 

LE GOUVERNEMENT AU SOUTIEN

Bruno Le Maire avait déjà, le 14 janvier, ouvert au vignoble l’accès au fonds de solidarité pour ses pertes de chiffre d’affaires de 2019. « Les viticulteurs pourront bénéficier de l’aide du fonds de solidarité renforcé s’ils perdent 50% de leur chiffre d’affaires, ils bénéficieront d’une indemnisation de 15% de leur CA 2019, dans la limite de 200 000 euros par mois. S’ils perdent 70% de leur chiffre d’affaires, ils bénéficieront d’une indemnisation de 20% de leur CA 2019, dans la limite de 200 000 euros par mois. » Ils pourront également bénéficier de la prise en charge des coûts fixes, avec la prise en compte du plafond des 3 millions €, en cours de renégociation avec la Comission européenne, pour les grosses structures.
En ce qui concerne les PGE (prêts garantis par l’État), il sera permis « à toute entreprise qui le souhaite de différer d’une année son remboursement » ; et l’aide aux coûts fixes, visant le remboursement total des loyers de chaînes d’hôtels et de restaurants, réservée aux entreprises en fermeture administrative dont le chiffre d’affaires mensuel atteint un million d’euros : « Nous allons travailler avec les parlementaires pour baisser ce plafond », assurait Bercy.
Et maintenant ? La filière vins et spiritueux « attend la concrétisation de ces annonces ».

Audrey Vacher

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