Vendanges 2021 : maigre récolte, mais de qualité

Article précédent Article suivant Article précédent Article suivant

Le gel printanier, les flammes et déluges estivaux, les maladies… Bilan des vendanges 2021, sur leur fin : petit rendement à l’œil, jolie qualité au nez.

Selon les estimations établies au 1er octobre 2021, la production viticole s’établirait, cette année, à près de 34 millions d'hectolitres (contre 44,7 millions l'an dernier), soit un niveau inférieur de 27% à celui de 2020 et de 22% à celui de la moyenne des cinq dernières années. Le gel printanier ainsi que les attaques de mildiou et d'oïdium (pourriture blanche, ou jaunâtre), des maladies favorisées par les précipitations estivales, ont amputé d'un tiers la production, qui sera historiquement faible, inférieure à celles de 1991 et 2017, autres années de sévères gels printaniers notables. 

Cataclysmes

Dans le Bordelais, qui produit 5 à 6 millions d'hectolitres par an, selon l'interprofession (CIVB) : « Les situations sont très contrastées (…) entre propriétés. Le volume exact sera connu en février 2022. » La Bourgogne, comme le Sud-Ouest, les Landes et le Gers, se dirige vers une demi-récolte (sauf dans l’Yonne, qui a perdu les deux tiers de sa récolte), « la plus faible de l’histoire contemporaine », a annoncé le Bureau interprofessionnel des vins de Bourgogne (BIVB) début octobre. « On a beaucoup parlé de la pluviométrie et de la pression de l’oïdium et du mildiou, mais nous sommes habitués à cela en Bourgogne », a précisé François Labet, président délégué du BIVB. La perte de récoltes s’est essentiellement jouée les 6, 7 et 8 avril. « Trois journées de gel qui ont fait des dégâts. » 
Paradoxalement, « les vins de Bourgogne se vendent très bien aujourd’hui, et nous dépassons actuellement les résultats d’avant Covid », remarque Frédéric Drouhin, président du BIVB. « Mais les faibles rendements de 2021 ne nous permettront pas de garder ce rythme de commercialisation. Ou alors nous n’aurons plus de vin à vendre en 2023. » On y attend une récolte d’environ 750 000 hectolitres (contre 1,56 million l’an dernier).

Espoirs

Pourtant, la qualité est au rendez-vous, elle. « On revient à un millésime typiquement bourguignon, avec des degrés potentiels raisonnables et de la fraîcheur », se réjouissait François Labet au début des vendanges, précoces en Bourgogne cette année. « Avec des rendements modérés on fait aussi des grands vins. Il y a des couleurs magnifiques, beaucoup de tanins. Et de l’acidité. Cela donne un vrai équilibre. C’est un grand millésime qui s’annonce », déclarait le coprésident du BIVB, Louis-Fabrice Latour.
En Languedoc, on s’apprête à enregistrer la récolte la plus faible de ces dix dernières années et en Loire, la pire de l’histoire « de mémoire d’homme » (soit environ 15 hl/ha). L’Alsace table sur un –40%, En Champagne, « la production agronomique serait la plus basse depuis quarante ans, ce qui devrait conduire à l’utilisation des réserves de vins des années précédentes », annonce le Service de la statistique et de la prospective du ministère de l’Agriculture. Il faudra attendre novembre pour une vue plus proche du réel sur les rendements des vendanges des 17 régions vitivinicoles de France et les effets sur les prix, dont la hausse paraît inévitable.

AV
 

Article précédent Article suivant

Dans la même thématique