Agriculture : 1 milliard d'euros pour se remettre du gel d'avril

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Les gelées de printemps ont grillé net la récolte 2021 des viticulteurs et producteurs de fruits en particulier. Une calamité agricole que le gouvernement va aider à surmonter.

Brexit, taxes Trump, covid et gel de printemps catastrophique pour couronner le tout. L’agriculture, et la viticulture en particulier, n’en finit plus de subir des coups du sort qui mettent à mal son économie. L’épisode de gel depuis le but du mois d’avril semble avoir fait de pires dégâts qu’en 2017, grillant par endroits 100% des bourgeons. « On sait déjà qu'on va avoir une très faible récolte en 2021 », moindre que les 45 millions d’hectolitres produits en 2020, a déclaré Jean-Marie Barillère, président du CNIV, qui rassemble les professionnels du vin sous appellation. Les bilans ne sont pas encore définitifs, mais tous parlent d’au moins 80% de pertes de leur récolte sur 85% du territoire impacté. 
Dans le Tarn-et-Garonne, un des principaux vergers de France, « c'est une véritable catastrophe », pour Françoise Roch, présidente de la Fédération nationale des producteurs de fruits. « J'espère que l'État va être à la hauteur, sinon on ne se relèvera pas de cette année blanche. »

Année blanche

En visite dans l’Hérault le week-end dernier, Jean Castex et son ministre de l’Agriculture, Julien Denormandie – qui dit avoir affaire à « la plus grande catastrophe agronomique du début du XXIe siècle » – ont annoncé un plan de soutien d’un milliard d’euros en réponse quasi immédiate à la demande des professionnels. Des mesures d'urgence sont mises en place : une année blanche pour les cotisations sociales (charges salariales et patronales) pour les agriculteurs sinistrés, dégrèvement de la taxe sur le foncier non bâti, chômage partiel pour les salariés des entreprises impactées. D'ici dix à quinze jours, les préfets disposeront d'une enveloppe d'urgence pour accompagner les agriculteurs dans des situations dramatiques. Le plafond des indemnités au titre des calamités agricoles, sera relevé de 30 à 40%, taux maximum autorisé au niveau communautaire. La viticulture, qui habituellement ne peut prétendre à cette indemnisation puisque la récolte est assurable, pourra exceptionnellement en bénéficier. Car sur 800 000 hectares de vignes en France, seuls 200 000 sont assurés contre le gel. 


Enfin le Premier ministre a annoncé la création d'un fonds de solidarité exceptionnel destiné à compenser la perte de revenu des agriculteurs. Il sera calculé sur la base de la perte du chiffre d'affaires mensuel. Il ne sera pas limité aux seuls producteurs mais pourra bénéficier aux entreprises de l'aval (coopératives, entreprises de transformation, société d'embouteillage ...). 
« Nous attendions des réponses, elles nous ont été apportées, a confié aux médias Jérôme Despey, président de la Chambre d'Agriculture de l'Hérault. Le gouvernement nous apporte un soutien de taille, qui marque l'ambition de notre pays de préserver son agriculture. Dès lundi, nous serons avec le ministre de l'Agriculture pour travailler sur les modalités de mise en place de toutes ces mesures. » Interrogé par l’AFP, Bruno Darnaud, président de l’AOP Pêche et Abricots de France, s’est dit lui aussi « satisfait que l’Etat réagisse rapidement », avec un « catalogue d’aides qui parait assez large ». De quoi soulager les agriculteurs français qui peuvent s’attendre à perdre cette année la moitié de la production de fruits, soit un manque à gagner d’un milliard et demi d’euros, et au moins un tiers de la production viticole, soit deux milliards d’euros de chiffre d’affaires, estime la FNSEA.

AV


 

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