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Afrokif au Parc Floral

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Continent à l'honneur cette année, l'Afrique résonne sur toutes les scènes du festival, en particulier au Forum. Mise en bouche.

Fela Kuti dans les oreilles, on se demande ce que le Nigérian, pape de l’afrobeat et profondément panafricain, aimait manger. Des plats épicés, voire pimentés ? Du poulet frit, sur le pouce ? Des plats en sauce, rassasiants et revigorants ? Peut-être rien de tout cela, finalement. Dans une interview, son fils Femi raconte qu’il adorait les gâteaux et les glaces. Loin des clichés, et vingt-cinq ans après la disparition de Fela, l’alimentation de ce continent aux mille visages se révèle aux yeux des Occidentaux, enfin assez ouverts pour la remarquer. Et si les cuisines africaines, aussi plurielles que méconnues, prenaient enfin le devant de la scène ? Elles seront mises en lumière, quoi qu’il en soit, sur celles d’Omnivore cette année.

L’Afrique, c’est chic

« Les cuisines africaines ne sont pas des cuisines exotiques », explique Axel Mbetcha et encore moins « une mode », renchérit Étienne Biloa dans le tout dernier numéro du magazine Papilles consacré à l’Afrique. Présents au Forum, le premier, cofondateur de la plateforme Chefs in Africa et partenaire du projet Les Cuisines Africaines, et le second, tête pensante de l’agence de talents Untold Story, souhaitent promouvoir les patrimoines culinaires africains, et créer des passerelles avec le reste du monde. Faire rayonner des cuisiniers et cuisinières solaires en dehors de la communauté, en voilà un afrokif ! 

© Caroline Dutrey

Après les montées en puissance de Mory Sacko et de la Béninoise Georgiana Viou, c’est au tour de nouveaux talents de s’illustrer : Anto Cocagne, Dieuveil Malonga, Clarence Kopogo, Harouna Sow ou encore Jules Niang se passeront le relais sur les estrades du festival, et feront résonner le proverbe malien selon lequel « c'est quand les oiseaux volent ensemble que l’on entend la musique de leurs battements d’ailes ».

L’Afrique réenchantée

Marquées par des trajectoires d’exil et de migrations, les cuisines africaines portent aussi en elles des histoires chargées de maux. Comment consommer du café, du sucre de canne ou du cacao sans penser au passé colonial et teinté d’esclavagisme de ces ingrédients devenus si courants sur nos tablées ? Pour ne pas oublier, et réenchanter l’Afrique et ses cuisines bouillonnantes, Chantal Crenn, anthropologue spécialiste des migrations et de l’alimentation, dialoguera avec les cheffes Clarence Kopogo et Georgiana Viou.
Quant à Harouna Sow, cuisinier réfugié originaire de Mauritanie au parcours forçant l’admiration, il soignera les maux par les mets dans un grand combo entre la Grande Scène le samedi, et la scène Forum le lundi.

Retour à la terre 

Si la contribution de l’Afrique au changement climatique est historiquement faible (depuis 1751, 48 pays africains ont émis moins de 1% des émissions mondiales de dioxyde de carbone, peut-on lire dans un article de Reporterre), le continent en subit de plein fouet les conséquences. Pour les atténuer et apporter des solutions, des initiatives se multiplient, notamment dans le domaine de l’alimentation et l’agriculture. Les chefs Jules Niang, Dieuveil Malonga et Harouna Sow accompagnent ainsi des projets d’agriculture paysanne et vivrière en Afrique de l’Ouest. 
Gombos, millet, niébé, souchet, manioc : non contents d’être délicieux, les ingrédients qu’ils y cultivent jouent de la résistance et contribuent à une alimentation locale, décarbonée et équilibrée. 
Attiéké ivoirien, saka-saka congolais, mafé sénégalais, injera éthiopienne ou même gâteaux nigérians dont raffolait Fela Kuti : autant qu’il n’existe pas de cuisine européenne, il n’est pas non plus de cuisine africaine au singulier. Bien au contraire, elles sont singulières et se conjuguent au futur et au pluriel.

Laurène Petit
 

 

Dieuveil Malonga
Chantre de l’afro-fusion

© Chris Swaaga

Meza en langue bantoue signifie « table ». C’est simplement, franchement, que Dieuveil a baptisé son restaurant, en y accolant son patronyme, Malonga. Meza Malonga est situé dans la capitale rwandaise, Kigali. Le chef connaît bien son continent, les spécificités de chaque ville ou région et travaille les produits issus des sols rwandais. Dieuveil Malonga est né en 1991 à Brazzaville, en République du Congo et a fait ses classes culinaires en Europe, en Allemagne, à l'Adolf Kolping Schule de Münster. Il continue à travailler outre-Rhin au Schote à Essen ou encore à l’Aqua, à Wolfsburg, avant d’arriver en France, à l’Intercontinental de Marseille. 
Fort de ses expériences européennes, il rentre en Afrique pour donner corps à son rêve : forger l’identité de son propre restaurant. C’est en 2020 qu’il se décide à donner vie à Meza Malonga en mettant en valeur les techniques et les spécificités de l’afro-fusion, une expérience culinaire entière et unique au Rwanda. Au-delà de la cuisine, le chef travaille les goûts en amont, par la fermentation, explore des voies de conservation pointues pour les ingrédients. Au-delà des voyages, nécessaires pour (re)découvrir les produits du continent, Dieuveil travaille également la terre et parcourt ses fermes où il fait pousser herbes, fruits et légumes. Dans le même temps, il crée conjointement avec Axel Mbetcha Tiezan, la plateforme Chefs in Africa qui permet de mettre en lumière les talents et les goûts de la gastronomie africaine. Le site a été pensé comme un véritable outil, un lien concret entre ces différentes voix, pour permettre l’expression des chef.fe.s et des différentes cuisines des pays d’Afrique par des opportunités d’apprentissage ou d’emploi.

Hannah Benayoun

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