Licences to fish post-Brexit en eaux troubles

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La France et Grande-Bretagne ne sont pas partis pour un « gentlemen’s agreement » sur le conflit qui les occupe depuis des semaines à propos des licences de pêche dans la Manche. 

La France ne « recule » pas et réclame toujours le même nombre de licences à Londres, a déclaré ce vendredi Clément Beaune, le secrétaire d'État français aux Affaires européennes, alors que les pêcheurs français s'inquiètent d'un possible revirement de Paris après les déclarations récentes de la ministre de la Mer, Annick Girardin. « Sans préjuger des suites de la négociation, j'ai demandé à la DPMA (Direction des pêches) de me proposer, en relation avec les professionnels, une estimation des plans de sortie de flotte que je pourrais financer », avait-elle expliqué, en précisant qu’« une enveloppe de 40 à 60 millions d'euros » pourrait « être mise sur la table », dégagés d’un fonds européen prévu pour pallier les dommages collatéraux du Brexit. 

55 bateaux à quai

Une manière de jeter l’éponge pour les pêcheurs. « C'est un fiasco », a réagi Pascal Delacour, patron d'un chalutier de Granville (Manche), en face de Jersey, sur France Info. « La France a baissé son froc et a abandonné ses jeunes marins car c'est surtout eux qui n'ont pas de licences ». « Les pêcheurs n'ont rien demandé. Ils sont victimes d'une situation bilatérale entre l'Union européenne et le Royaume-Uni. Il faut les accompagner autrement qu'en cassant leurs capacités de pêche », a également estimé sur France Info Fréderic Cuvillier, maire de Boulogne-sur-Mer (Pas-de-Calais) et ancien ministre de la Mer. 
Jersey a accordé, à la semaine dernière, des licences à 162 bateaux français, dont 113 permanentes et 49 temporaires. Ces bateaux-là pourront pratiquer leur activité jusqu’au 31 janvier 2022 en attendant de fournir les justificatifs requis pour transformer leur permis en document permanent. Ce qui laisse encore 55 bateaux à quai. Des bateaux qui font la majeure partie de leur chiffre d’affaire grâce à leurs prises dans les eaux britanniques, y pêchant d’avril à décembre généralement.

Il n'y a ni renoncement, ni reculade » 
– Clément Beaune, secrétaire d'État français aux Affaires européennes 

« On continue à la fois la négociation et la pression », a assuré Clément Beaune à l'AFP. On demande le même nombre de licences » pour accéder à une zone de six à douze milles nautiques au large des côtes britanniques, ainsi que de celles de Jersey et Guernesey. « On maintient toutes les options ouvertes si le dialogue (avec Londres et Jersey) ne portait pas ses fruits », a conclu le secrétaire d'Etat français aux Affaires européennes. Le président, à l’occasion d’un déplacement dans le Nord vendredi, a assuré que « nous allons continuer à nous battre, nous ne lâcherons pas nos pêcheurs. La Commission (européenne) doit nous protéger. Ça va trop lentement, ça va trop mollement », a regretté Emmanuel Macron, en prévenant que si « la Commission ne joue pas son rôle, la France le fera ».
La France avait annoncé des sanctions à compter du 1er novembre à l'encontre de Londres et Jersey avant de les suspendre dans l'attente de l'issue d'une série de discussions. Ces sanctions, qui incluaient le non-accès des pêcheurs britanniques aux ports français et des contrôles renforcés sur les flux de marchandises entre le Royaume-Uni et la France, sont donc toujours sur la table. Clément Beaune doit échanger une nouvelle fois avec le peu commode secrétaire d'État britannique chargé du Brexit, David Frost, « d'ici la fin du week-end ». « On n'a pas fixé de deadline car il y a encore un canal de dialogue qui est ouvert, mais il est clair que dans les jours qui viennent on regardera toutes les options possibles », a-t-il insisté. Il rencontrera lundi à Bruxelles le vice-président de la Commission chargé du Brexit, Maros Sefkovic.

AV (avec AFP)

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