Solidarité, l'autre combat des chefs

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Focus sur trois initiatives solidaires, qui mettent du beurre dans les épinards d'un secteur qui se bat au quotidien pour sa survie depuis bientôt un an. 

Le tablier manifeste

« Je voulais me rendre utile car nous n’avions rien à faire de nos journées ! » Antoine Robin avait lancé à la sortie de ses études en janvier 2020 son entreprise de vêtements professionnels (« Antem Clothing »), destinée aux cafés et restaurants. Lorsque la deuxième vague du confinement déferle, Antoine et quelques amis indépendants (de l’univers du spectacle) créent le collectif Les hauts parleurs, qui impulse le mouvement « Je ne rends pas mon tablier ». 
Le principe : des tabliers made in France sont vendus sur Ulule, 35 euros. L’entièreté des bénéfices, soit 10 euros par tablier (19 euros pour le coût de fabrication, 6 euros de TVA) est reversé à l’une des cinq associations partenaires, selon le choix de l’acheteur, par le truchement de l’application Generous Connect. 950 tabliers ont été vendus, soit près de 10 000 euros récoltés pour les associations. De grands chefs ont soutenu l’initiative, et Antoine et ses amis espéraient un peu plus. « On ne sait pas trop où cela a bloqué. Il faut soutenir les restaurants aujourd’hui si on veut y retourner demain ! » 

Des repas sains pour les étudiants

Écotable œuvre au quotidien pour aider le secteur de la restauration à réduire son impact environnemental (audit, accompagnement, formation). L’association présidée par Fanny Giansetto a lancé en février une campagne sur la plateforme Kisskissbankbank « restaurons les étudiant.e.s durablement ». Objectif : cuisiner au moins 500 repas par semaine (à partir de produits sains et de saison), jusqu’à la fin de l’année universitaire, pour les étudiants de plus en plus précarisés. Les plats individuels, concoctés par les chefs de la communauté Écotable, sont ensuite intégrés aux colis alimentaires distribués par Linkee, association d’aide alimentaire durable. Chacun peut contribuer selon ses envies et ses moyens : un repas (6 euros), 7 repas (42 repas), repas (60 euros), jusqu’à 300 repas (1 800 euros). 

Le Cœur des chefs joue les intermédiaires

« Beaucoup de chefs m’ont contacté pour me dire leurs problèmes avec leurs assurances, etc. J’ai pris le parti de ne pas relayer cette colère, afin mettre l’accent sur les actions de sursaut pour essayer de s’en sortir. C’est un choix, on ne peut pas tout faire », explique Anne Garabedian, rédactrice en chef du média print et web Le Cœur des chefs. Ainsi, le lancement d’une page Facebook a boosté dès avril 2020 la création de points relais, partout dans l’Hexagone : les particuliers passaient directement commande auprès des producteurs (qui ne pouvaient plus livrer les restaurants, fermés), puis venaient chercher au restaurant leurs asperges, fromages…
L’action a été prolongée à Noël. Un mois et demi de boulot, beaucoup d’écueils, notamment avec un transporteur bien connu, pour livrer chez des particuliers une centaine de paniers engagés (composés d’une douzaine de produits habituellement servis sur les grandes tables, avec des recettes inédites de grands chefs). « On a fait notre part. J’espère que cela a donné envie à d’autres chefs de travailler avec les producteurs qui vivent autour d’eux. » 

Quentin Guillon

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