Viande à bas prix et pandémies : un lien de cause à effets

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Une récente étude sud-africaine de l’University of the Free State fait le lien entre pandémies et la consommation de viande animale à bas coût.

Voilà plus d'un an que l'épidémie de coronavirus se propage dans le monde, de manière agressive, contaminant jusqu’à présent plus de 16 millions de personnes et condamnant plus de deux millions d’autres.

Si l’origine du virus n’est pas encore trouvée – une équipe de l'OMS planche depuis le 14 janvier en Chine sur les origines physiques, géographiques et bien sûr alimentaires du virus –, son premier foyer a été identifié à Wuhan, en Chine, un marché de gros et de frais où l'on pouvait jusqu’en janvier 2020 acheter et consommer différents aliments, différentes viandes, parfois d'animaux sauvages vivants ou de produits parfois peu tracés, un terreau à l’hygiène assez peu respectée et de fait propice à l’éclosion de zoonoses et à la transmission de virus des animaux aux humains. Bien que la piste de la chauve-souris ou du pangolin pour le Covid-19 ne soit pas totalement explorée et déterminée, l’enquête de l’University of the Free State (UFS) à Bloemfontein en Afrique du Sud, s’attèle à déterminer comment notre mode de consommation de viande est corrélée aux pandémies, passées et à venir.

L’histoire bégaie

Selon l'étude de l'UFS, la demande croissante pour de la viande peu chère et ses corollaires (élevages à l’hygiène douteuse, violences à tous les étages de l'élevage à l'abattage…) favorisent les pandémies. Et ce n’est qu’un bégaiement de l’histoire, développent les chercheurs sud-africains dans leur étude.
D’autres études, notamment celle du centre de contrôle et de prévention des maladies des États-Unis ont déterminé que plus de 75 % des maladies émergentes sont d’origine animale. Ce serait donc le cas du coronavirus, avec la chauve-souris ou le pangolin, mais également pour d’autres coronavirus, tels le syndrome respiratoire aigu sévère (SRAS) et le syndrome respiratoire du Moyen-Orient (MERS), qui se sont propagés des animaux aux humains, ou comme cela a été le cas pour la grippe porcine mexicaine à l’origine du H1N1, et la grippe aviaire (H5N1). Quant à l’encéphalopathie spongiforme bovine (ESB), ou « maladie de la vache folle », elle aurait trouvé son origine dans l’utilisation de farines animales – fabriquées à partir des parties non consommables de carcasses bovines et d’autres animaux – pour l’alimentation des bovins.

Pratiques peu responsables

La viande, et plus largement le traitement des animaux destinés à la consommation, est un sujet global qui prend de plus en plus d'ampleur dans le débat actuel sur l'alimentation et l’écologie. Chaque pandémie semble apporter son lot de réflexions sur ce que nous avalons et cuisinons et surtout, ce que nous proposons aux générations futures. Le média New Food Magazine rapporte les propos du professeur Robert Bragg, chercheur au Département de biotechnologie microbienne, biochimique et alimentaire à l'UFS : « Il y aura plus de pandémies, et certains scientifiques, dont je fais partie, ont le sentiment que celle-ci n’est qu’une répétition générale de la très grande pandémie » qui nous attend si l’humain ne change rien à son mode de consommation animale. S’il ne retient pas de leçons de l’histoire en somme. 

HB

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