Rome à manger : 5 adresses qui font bouger la ville éternelle
Par Pomélo et Thibault Brunat
(c) Chris Czermak
Bien sûr, les pâtes cacio et pepe, les pizzas vendues au poids, le saltimbocca ou le tiramisum. Mais une ville avec plus de 2500 ans d’histoire ne se résumera jamais en trois ou quatre spécialités, surtout avec une scène gastronomique aussi créative, bousculant les principes d’une gastronomie réputée dogmatique et codifiée. La preuve, en cinq adresses, que si Rome ne s’est pas faite en un jour, sa gastronomie, elle aussi raconte une ville en perpétuel mouvement.
Love : la viennoiserie qui sort du cadre
On trouve ici des classiques d’inspiration française, croissants, pains au chocolat ou même des pains suisse qui portent d’ailleurs très mal leur nom, mais la longue file d’attente se forme ici pour autre chose, pour des créations les plus singulières. Parmi elles, un croissant ultra fin, au feuilletage extrême, garni de crème au café à l’intérieur comme à l’extérieur. Ça peut paraitre cher avec des pièces allant jusqu’à 7€, mais c’est le prix d’un esthétisme poussé, aussi bien sur la partie sucrée que salée. Les parfums changent régulièrement et, sur la devanture, effet réseaux sociaux oblige, l’équipe affiche les viennoiseries déjà « sold out », histoire de rappeler que le monde appartient à ceux qui mangent tôt.
Via Tunisi 51-53, 00192 Roma // @love.roma_
Bar Sota : le smash burger dans un écrin
Bar Sota s’empare d’objets très codés tels que le pastrami bun, le bagel-saumon ou le smash burger, mais les transpose dans un décor volontairement décalé, nettement plus chic : ambiance sombre, détails cuivrés, touches très vives, comme les assiettes en céramique jaune poussin. Le lieu se présente comme un modern diner et sert aussi bien au déjeuner que tout au long de la journée, jusqu’à 22 h 30.
Via della Frezza 55, Roma // @bar.sota
Dolcè : épicerie sucrée et sociale
Cette adresse rassemble une vingtaine de références choisies parmi les spécialités de certains des meilleurs artisans pâtissiers et confiseurs de la Botte. Mais ce qui distingue surtout Dolcè, c’est son modèle : le lieu est porté par Arci Solidarietà et pensé à la fois comme un outil de financement pour des projets en cours et comme un espace de travail destiné à des personnes vivant des situations de fragilité sociale.
Via Merulana 239, Roma // @dolcemerulana
Cocta Risto Social Club : la table participative
Ouvert fin 2025, cet établissement se distingue moins par son statut hybride, à la fois restaurant et friperie, avec une promesse « zéro déchet », que par son fonctionnement. Les tablées, prévues pour 4 à 8 personnes, se réservent jusqu’à 48 heures à l’avance. On choisit le type de cuisson ou de cuisine souhaité(e) — fondue italienne, japonaise ou chinoise, raclette… — ainsi que les ingrédients préparés pour le jour J : viandes, poissons, légumes, fromages. Le tout est mis à disposition dans des frigos sur place, et ce sont ensuite aux convives de prendre le relais, façon « la table dont vous êtes le héros ».
Via del Casale Rocchi 6, 00158 Roma RM, Italie // @cocta_ristosocialclub
Forno Ritorno : le petit déjeuner et le brunch 100 % italiens
La couleur est ici annoncée d’emblée, noire sur blanc : « Noi lo chiamiamo cornetto. Il croissant è un’altra cosa. » Autrement dit : ici, on parle de cornetto, pas de croissant. Tout est là. Derrière cette formule, une vraie prise de position : remettre l’Eglise au centre du village, l’édifice sacré étant ici les grands classiques du snacking italiens : tartes, viennoiseries et encas salés, avec un recours assumé aux matières premières locales et un refus clair des effets de mode importés.
Via Amerigo Vespucci 20, 00153 Roma // @fornoritorno
