Théo Delahaye (Food Runners Club), courir à sa faim
Avec son ami Théo Chaudet (@to.fourneau), Théo Delahaye, 29 ans, co-fondait en septembre 2024 l’un des running food clubs parisiens les plus prisés. Au programme : course à pied et ripaille, « deux puissants vecteurs de lien social », dixit l’intéressé.
Par Pomélo
Avec son ami Théo Chaudet (@to.fourneau), Théo Delahaye, 29 ans, co-fondait en septembre 2024 l’un des running food clubs parisiens les plus prisés. Au programme : course à pied et ripaille, « deux puissants vecteurs de lien social », dixit l’intéressé.
Par Pomélo
Le Food Runners Club, qu’est-ce que c’est ?
C’est un concept associatif et gratuit, qui existe grâce à l’investissement d’une trentaine de bénévoles à Paris, et dont l’idée est très simple : chaque semaine une centaine de personnes se réunissent, d’abord pour courir ensemble sur 6 à 7 kilomètres, ensuite pour déguster des mets divers et variés. Les courses ont lieu deux fois par semaine, tous les mardis à 19h30 pour la version salée, et tous les samedis à 10h pour la version sucrée. Autant d’occasions pour les coureurs de se dépenser, de se faire plaisir et, surtout, de sociabiliser.
Qu’est-ce qui vous a inspiré l’idée de ce concept ?
On avait tous les deux l’envie très forte de rassembler les gens autour d’un concept fédérateur. C’est alors que nous est venue l’idée des running food clubs qui, à l’époque, n’avait pas encore été concrétisée. On s’est lancé un peu à l’aveugle, dans la mesure où l’on ne disposait d’aucun modèle. Quand on a commencé à faire nos recherches sur le sujet, on s’imaginait tomber sur de nombreux précédents à l’étranger – notamment à New York et à Londres d’où je pensais que la tendance provenait. C’est là qu’on s’est rendu compte qu’elle n’avait pas du tout explosé ailleurs ! Je pense qu’on peut donc dire fièrement qu’il s’agit d’un concept parisien.
Quel genre de mets les participants finissent par déguster, après s’être dépensés ?
Ça varie régulièrement. Contrairement à la plupart des autres running food clubs existants, on se démarque par l’éclectisme des adresses qu’on décide de mettre en avant. Les runners peuvent aussi bien se voir offrir un cookie de la boulangerie végétale Land & Monkeys qui a plusieurs adresses dans la capitale, qu’un bagel du nouveau coffee et bagel shop Munch, dans le 17e arrondissement, ou un panini italien de Orto, dans le 3e arrondissement…
À ce propos, quel est l’intérêt pour les restaurateurs avec lesquels vous collaborez ?
On ne les rémunère pas pour qu’ils offrent un produit d’appel à chacun des coureurs en fin de course mais ils y gagnent largement en visibilité, puisqu’on poste systématiquement une story et un réel sur le compte Instagram du club, suivi par près de 50 000 personnes. Sans parler du fait qu’il n’est pas rare que les participants consomment bien au-delà de ce qui est offert par les établissements. In fine, pour eux, c’est forcément très intéressant !
L’engouement a-t-il faibli depuis le lancement du concept il y a plus d’un an ?
Pas du tout. Les choses se sont véritablement accélérées pour nous au lendemain de la publication par le journal Le Parisien d’une vidéo consacrée à notre activité. À l’époque, on avait organisé une course spéciale « lendemain de soirée » pour fêter la nouvelle année et le reportage sur le sujet nous avait fait littéralement exploser. À compter de ce jour, on a vu les listes d’attente s’étirer : jusqu’à 300 personnes s’y inscrivaient chaque semaine, alors qu’on fixe la jauge à cent coureurs maximum. La bonne nouvelle, c’est qu’un an plus tard, l’engouement reste le même et les listes d’attente sont souvent toujours aussi saturées.
Selon vous, ces courses risquent-elles de faire naître une quelconque tension entre performance et plaisir ?
Il faut bien comprendre que l’idée derrière le Food Runners Club n’a jamais été d’optimiser les performances des coureurs. D’ailleurs, on fait partie des rares clubs à refuser toute forme de tri par niveau ou par allure. L’intérêt des runs qu’on organise est purement social et motivationnel. Il n’est pas question de faire peser une quelconque pression liée à un résultat sportif sur les épaules des coureurs. Je pense que notre force réside dans cette volonté de valoriser la course non-chronométrée – une façon d’aborder le running qui, selon moi, a beaucoup d’avenir. Je le vois sur les réseaux sociaux : les gens ont besoin de sortir de ce tracking de performance constant, qui, jusqu’ici, était très associé à l’univers de la course à pied.
Parallèlement aux deux runs hebdomadaires, organisez-vous d’autres rassemblements autour de la food et de la course à pied ?
Ça nous arrive de temps en temps. Par exemple, le 1er février prochain, on lancera autour de La Felicità – le food market italien monté par Big Mamma dans le 13e arrondissement de Paris – la septième édition des « 10km des Ravitos magiques ». C’est un peu le même principe que les runs habituels, sauf qu’on découpe celui-ci en trois segments d’environ trois kilomètres, ponctués de petits verres, de grignotages et d’activités comme un karaoké géant l’an dernier.
Quel est votre meilleur souvenir depuis le début de l’aventure Food Runners Club ?
Sans hésiter, le run Raclette qu’on avait organisé l’année dernière au restaurant BAF (Bar à Fromage), dans le 10e arrondissement de Paris. Pour une fois, on avait décidé de faire ça en petit comité (une quarantaine de personnes). L’ambiance était folle et on a fini par faire la fête jusqu’à 2 heures du matin. J’en garde un souvenir mémorable.
Comment envisagez-vous la suite ?
On l’aborde plus que sereinement, dans la mesure où le club continue de faire des adeptes, en plus des nombreux habitués qu’on a déjà fidélisés – vous n’imaginez pas le nombre d’amitiés et de relations amoureuses qui sont d’ailleurs nées grâce à Food Runners Club ! L’an dernier, en l’espace de quelques mois, on s’est exportés un peu partout en France : d’abord à Lille, puis à Bordeaux, à Lyon, Annecy, Grenoble, Montpellier et, plus récemment, à Genève. Pour cette nouvelle année, l’objectif est de développer encore plus le concept à l’étranger. On prévoit de commencer par Londres, puis suivra sans doute Berlin dans la foulée. Mais ce n’est pas une mince affaire : les établissements londoniens que j’ai déjà contactés paraissent un peu réticents face à l’originalité du projet… Preuve que Paris a une longueur d’avance !