Alexis Fidelin : d'artisan à artisan

Le 11 octobre 2021

À 32 ans, Alexis Fidelin sillonne Lyon grâce à son savoir-faire, celui de peintre en lettres. En artisan de son époque, il enlumine les blazes des troquets, bars, bistrots ou caves à vin. 

À 32 ans, Alexis Fidelin sillonne Lyon grâce à son savoir-faire, celui de peintre en lettres. En artisan de son époque, il enlumine les blazes des troquets, bars, bistrots ou caves à vin. 

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Alexis Fidelin a sobrement baptisé son Instagram, Alexis - Lettres Peintes. Le réseau social est son humble carte de visite où il poste régulièrement les avancées de son ouvrage entre Paris et Lyon, son fief depuis 4 ans. 
 


LE METIER DE PEINTRE EN LETTRES A LONGTEMPS ETE LE METIER ANONYME PAR EXCELLENCE. A quel moment on décide de se lancer ?
 

Cela fera maintenant 2 ans et demi que je suis peintre en lettres à plein temps. J'ai appris en autodidacte la technique de ce métier que je connais déjà depuis quelques années. Je l'ai observé, apprécié, j'y étais sensible. J'ai travaillé dans le monde du vin pendant plusieurs années entre caves à vin et restaurants, c'est un milieu qui me parle et qui m'épanouit. Seulement à Lyon j'ai voulu travailler de mes mains, je me suis entraîné seul dans mon atelier pendant des semaines, seul avec mon matériel. Je me souviens de ma première vitrine bien sûr, c'était Aitana à Paris. Grâce aux copains de Profil Grec dans le 20eme, la cave Au Bon Vingt rue de Bagnolet, mon réseau à commencer à prendre, jusqu'à Lyon. 

COMMENT S'EST PASSE L'IMPORTANT PASSAGE DE FERMETURE QUE NOUS AVONS TRAVERSE ? QUEL IMPACT SUR VOTRE ACTIVITE ? 

Je commençais à me lancer depuis quelques mois au début des premiers confinement, je me faisais doucement connaître à Lyon. Cela a été un vrai stop très impactant, mais j'ai pu me perfectionner à la campagne, j'ai beaucoup travaillé, je me suis amélioré sur la technique mais c'était surtout difficile de ne pas fréquenter ces beaux lieux de vie. J'espère ne plus connaître ces moments d'arrêts. Pendant les autres confinements, j'ai pu tout de même travailler pour les pizzeria à emporter, des caves à vin toujours, car elles ont bien marché durant ces périodes. J'étais heureux de travailler, même si ce n'était pas à 100%. Depuis cet été j'ai cependant ressenti un regain d'intérêt. Peut-être que cela a permis à certains restaurateurs de réellement se poser, se renseigner, imaginer une enseigne, de refondre, de changer... 

LES IDENTITES VISUELLES DES ETABLISSEMENTS REVIENNENT A UN PEU PLUS D'ANALOGIQUE, moins de digital, L'ILLUSTRATION FAISAIT PARTIE DES PROJETS ?
 

Je n'ai jamais été un grand dessinateur, la lettre m'a toujours attiré. Cependant, c'est très cohérent que ces métiers se valorisent entre eux. Quand des restaurants, des bistrots choisissent le bon producteur, le bon produit, on valorise le travail du cuisinier, on valorise la main. Je ne sélectionne pas forcément les établissements avec lesquels je veux travailler, mais lorsqu'un restaurateur fait appel à un peintre en lettres pour sa devanture, son intérieur, c'est déjà une démarche spécifique, on s'adresse à un artisan, c'est filtrant pour moi. Ce sont des gens qui ont aussi une éthique, par exemple ils ne souhaitent pas imprimer ou utiliser du plastique, en général on se retrouve vite sur ces sujets.

COMMENT SE PASSE LE PROCESSUS CREATIF ? Comment nourrissez-VOUS VOTRE INSPIRATION ?
 

J'aime créer une vraie relation avec le lieu, le mettre en valeur, décliner son identité. Parfois, certains ont déjà un logo, une dimension et je n'ai plus qu'à peindre. D'autres ont besoin d'aide, établir une identité en plus des peintures, réfléchir aux emplacements, comment faire vivre le lieu, travailler autour de la circulation des clients. Je fais également un énorme travail de références, autour de vieilles enseignes, leur typographie, je me crée une bibliothèque olfactive et visuelle remplie de codes, de l'école italienne à l'école américaine qui sont très opposées par exemple. Quand je réponds à un projet je cherche surtout à m'adapter au lieu, de la pizzeria à la cave à vins natures et je peux également très être influencé par l'architecture. L'idée est d'intégrer parfaitement la devanture à l'esprit du lieu, sans dénoter. Je souhaite développer ce métier au maximum à Lyon, plus il y aura de belles peintures et de vitrines, plus les gens se rendront compte de la valeur ajouté et de la qualité de l'établissement. 

PROPOS RECUEILLIS PAR HANNAH BENAYOUN

 

 

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